Mont-Blanc (4810m)

depuis Bionnassay

Altitude décollage:

4810m

Orientation décollage:

NE à NO et SE à SO, difficile (altitude)

Dénivelé     vol:

3500m

Dénivelé randonnée:

3500m

Horaire randonnée:

12h00

Décoller du sommet du Mont-Blanc est le rêve de beaucoup de parapentistes. C’est aussi le rêve de beaucoup d’alpinistes qui se sont mis au parapente en partie pour ça. Par la voie normale ce n’est pas un sommet très difficile pour peu que les conditions météo soient bonnes. Car le piège serait de prendre le mauvais temps en altitude sans y être préparé. Les conditions peuvent passer d’un extrême à l’autre en très peu de temps, et la sortie facile se transformer en opération de survie. Si la météo est le point délicat pour l’alpiniste, pour le parapentiste c’est encore pire. Pour avoir une chance de voler il est nécessaire d’avoir un bulletin annonçant un vent de nul à faible. Au delà, la réussite d’une descente par les airs est compromise.

Les prévisions météorologiques ont fait beaucoup de progrès et il est maintenant possible d’avoir des bulletins à 48h00 assez précis. Néanmoins, 48h00 cela laisse une marge d’erreur encore assez grande. Aussi, pour avoir une bonne chance de voler, le mieux est de se fier au bulletin des 12 prochaines heures. Cela nécessite d’envisager la montée d’une seule traite, de nuit, depuis le bas, pour décoller dans la matinée. L’avantage de cette solution, certes radicale, c’est de faire la partie la moins intéressante de nuit pour arriver sur la dernière portion au moment du lever du soleil. Moments toujours magiques.

Il est bien évidemment possible de passer la nuit en refuge (Tête Rousse ou Goûter) mais il faut alors s’y prendre très en avance pour obtenir le précieux sésame qui vous laissera approcher le sommet…mais ceci est une autre histoire.

Avertissement: l’accès au sommet du Mont-Blanc n’est pas à prendre à la légère. Sans expérience préalable de la haute-montagne, il est fortement recommandé de s’allouer les services d’un Guide ayant la double compétence haute-montagne et parapente

Randonnée :

Accès:

A la journée, sans remontées mécaniques, le plus simple est de partir du parking du crozat (1400m). Depuis St-Gervais-les-Bains, prendre la D902 en direction des Contamines-Montjoie. Environ deux kilomètres après St-Gervais, prendre à gauche dans le hameau de Bionnay, la route de Bionnassay. La suivre jusqu’au hameau de Bionnassay. Attention, cette route est très étroite et on ne croise pas toujours facilement. Après Bionnassay, suivre encore cette route quelques centaines de mètres jusqu’au parking du Crozat (panneau indicateur).

Orientation marche: O, NO

Difficulté marche: 4/4

Période favorable: juin, septembre et octobre

Cartographie: IGN Top25 3531 ET 

Itinéraire:

Depuis le parking du Crozat il existe plusieurs chemins possibles pour faire la première partie du parcours qui mène au Nid d’Aigle. Le plus simple et le plus esthétique est de prendre le chemin qui passe par l’alpage de l’Are et la moraine du glacier de Bionnassay. S’assurer avant tout que les échelles sont bien remises en place, ce qui peut ne pas être le cas encore au début du mois de juin selon l’enneigement. Du parking, prendre plein Est le chemin de l’Are, carrossable jusqu’à “Le Planet”. Au Planet, prendre la sente qui continue en direction de l’Est et qui, après la traversée d’une plaine, grimpe franchement à travers la forêt. Vers 1760m, le chemin se sépare en deux branches. Prendre celle qui part à droite vers le Sud. On suit la ligne de niveau un moment, pour atteindre l’alpage de l’Are.

On le traverse entièrement du Nord au Sud pour attaquer la moraine vers 1850m. La remonter jusqu’à la traversée d’un névé persistant au dessus d’un ruisseau. Le traverser et rejoindre, peu après, les échelles. Le sentier serpente ensuite au dessus du glacier de Bionnassay, marqué de temps à autre par quelques cairns. On rejoint facilement la gare d’arrivée du tramway du Mont-Blanc au niveau du Nid d’Aigle (2372m). Quelques mètres après le pont, prendre au Nord le sentier qui remonte la combe des Rognes jusqu’à la baraque forestière des Rognes. Cette partie ne présente aucune difficulté si la neige n’est plus là, il suffit de suivre le sentier. En revanche, en début de saison, il faut se méfier des névés persistant, notamment sous le col des Rognes où la pente est assez raide. Ne pas hésiter à chausser les crampons si la neige est dure. 

De la cabane des Rognes, prendre en direction du Sud-Est une sente au milieu des rochers, pas toujours bien marquée. Quelques cairns jalonnent le parcours. On rejoint l’arête qui mène au glacier de Tête Rousse vers 2900m. Sur l’arête le sentier est bien indiqué, suivre les marques. On débouche sur le glacier de Tête Rousse à 3130m. De là, soit on passe la nuit au refuge de Tête Rousse (réservation obligatoire), soit on continue en direction des Rochers Rouges pour aborder le Grand Couloir, point le plus délicat de cette ascension. Le glacier de Tête Rousse se remonte jusqu’à son point le plus haut à 3280m environ au pied des Rochers Rouges. De là, on remonte le long des rochers jusqu’à 3350m et l’on traverse le couloir. La traversée n’est pas longue, 50m environ, mais fortement exposée aux chutes de pierres, il est donc primordial de ne pas s’y attarder et d’être très vigilant tout le long. De nuit et par bon regel les risques sont fortement diminués. Une fois le couloir traversé, il faut suivre l’arête au mieux sur une trace marquée de points de peinture et de quelques cairns. Le haut de l’arête est équipé de câbles qui peuvent aider la progression pour les moins aguerris. On débouche alors au niveau de l’ancien refuge et de son annexe (3817m). Passer entre l’ancien refuge et son annexe et prendre pied sur l’arête neigeuse qui mène au Sud vers l’Aiguille du Goûter (3863m). On atteint alors le nouveau refuge du Goûter  en contrebas de l’Aiguille. On peut s’y arrêter pour la nuit (réservation obligatoire). Sinon, on continue vers le Dôme du Goûter, d’abord en longeant l’arête puis en prenant vers l’Est, au mieux, en direction du col situé entre la Pointe Bayeux (4258m) et le Dôme du Goûter (4304m). Généralement la trace ne passe pas par le sommet du Dôme, mais il est facile d’y faire un détour. De là, on redescend quelques dizaines de mètres jusqu’au plateau au pied du bivouac Vallot (4340m), que l’on atteint après une courte remontée. De là, prendre au Sud en direction de l’arête des Bosses que l’on suit jusqu’au sommet du Mont-Blanc. Depuis quelques années, l’arête est barrée par une rimaye qui est normalement équipée d’une corde fixe qui facilite son franchissement.

Trace GPX

Vol :

Site de décollage:

Le sommet du Mont-Blanc est un large dôme qui permet des décollages aussi bien sur son versant Nord que son versant Sud. Seule l’orientation Ouest est délicate car on se trouve alors dans l’axe de l’arête de montée. Décoller du sommet n’est pas difficile si les bonnes conditions sont là, à savoir: pas ou peu de vent, neige tassée et absence de glace. Hormis la nécessité de courir plus vite en raison de la portance moindre, le décollage ne présente aucune difficulté. En revanche, si la neige est profonde ou la glace bien présente, le décollage s’avérera plus délicat. Dans le premier cas parce qu’il est difficile de courir à cette altitude dans de la neige profonde, et dans le deuxième cas parce qu’il faudra envisager un décollage crampons aux pieds. Par ailleurs, si le vent est trop fort, même s’il est possible d’envisager de décoller avec 5 à 10km/h de vent supplémentaires par rapport à d’habitude, il peut être plus raisonnable d’envisager un décollage plus bas, au niveau du Dôme du Goûter par exemple.

Remarque: en juillet et août il est interdit de décoller et de voler sur tout le versant Nord du Massif (Zone d’Interdiction Temporaire).

Site d’atterrissage:

Décoller du sommet du Mont-Blanc c’est potentiellement pouvoir atterrir à plein d’endroits différents. On peut envisager Chamonix bien sûr mais aussi, Les Houches, St-Gervais, Passy etc.. Dans le cas présent, poser au niveau de la voiture permet de boucler la sortie en beauté. Au niveau du parking, en dehors des saisons de fauche, il y a un grand champ plat facilement accessible, orienté dans le sens de la vallée. Il faut juste faire attention à la ligne Haute Tension qui se trouve à une cinquantaine de mètres au Sud. Hormis cette ligne, il n’y a pas de réel danger. 

Remarque: selon l’heure à laquelle on envisage d’atterrir il se peut que la brise de vallée soit encore catabatique. C’est le cas par exemple en automne quant on se pose le matin, la brise est alors descendante. Il est bon de mettre une flammèche sur un piquet de clôture si l’on a un doute pour le retour.

Plus d’info :

De nombreuses vidéos existent sur l’ascension du Mont-Blanc ou sur des vols depuis son sommet. Deux d’entres-elles traduisent parfaitement l’atmosphère d’une course de ce style à la journée et la magie d’un vol dans cet environnement.

“Mont Blanc_Hike & Fly” et “Mont-Blanc-In the Air” de Fred Souchon

  • Télécharger le topo du vol rando ” Mont-Blanc_depuis Bionnassay” au format pdf
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